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Johnathan R. Razorback

Chronologie du libéralisme en France

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On me dit que le libéralisme n’aurait pas d’avenir en France (cf : https://forum.liberaux.org/index.php?/forum/151-philosophie-éthique-et-histoire/ ), ce qui n’est pas dire autre chose que la France n’a pas d’avenir (d'avenir désirable s'entend), que la route de la servitude est comme l’autre, tout comme l’autre sans sortie*, que les lendemains déchanteront fatalement, et qu’il n’y a aucun espoir à l’horizon.

 

(*Allusion à la formule du commissaire du peuple européen Yves-Thibault de Silguy : « L’euro est une autoroute sans sortie. »).

 

L’espoir, ce n’est peut-être pas à un pessimiste de caractère, qui estime son propre pays en décadence (cf: http://oratio-obscura.blogspot.com/2018/07/de-la-profanation-des-symboles.html ), qu’il faut le demander.

Mais pessimisme n’est pas quiétisme, pas plus que comprendre le découragement n’implique d’admettre les jérémiades. Par exemple celles, trop fréquentes, qui consistent, à l’instar du premier collectiviste venu, à confondre un pays avec son gouvernement, ou l’opinion des Français avec celle d’une majorité électorale. Ou encore à dénigrer la « fRance » (sic), comme si elle n’avait jamais vu naître un seul homme libre, comme s’il s’agissait de quelque lamentable contrée maudite et sans qualités, rétive et obtuse et unanime dans l'adoration de ses chaînes.

 

Ce à quoi l’auteur de ces lignes, sans du tout faire un pronostic ou un pari (il lui arrive de les perdre), voudrait rappeler, d’avantage à l’attention des dépités qu’à celle de la bêtise essentialiste, qu’à défaut d’un avenir, le libéralisme à un passé en France.

 

Et quel passé ! Et par combien de luttes et de tempêtes sont-ils passés, les meilleurs de nos devanciers, pour nous donner, en dépit de tout, la liberté et le bonheur dont l’on peut jouir malgré tout, dans ce pays ?

Et comment notre désespoir ne se trouverait-il pas tempéré, et même renversé, par le souvenir de cette longue suite d’audaces et de triomphes, de ce « non » perpétuel adressé à l’oppression, de cette ardeur qui nous fit meilleurs et plus grands que nous n’étions, et plus libres et plus enviables, tout de même, que peut-être bien des peuples encore ? …

 

Any movement that has no sense of its own history, that fails to acknowledge its own leaders and heroes, is not going to amount to very much, nor does it deserve a better fate.”
-Murray N. Rothbard.

 

8 décembre 1723: naissance d'Holbach.

10 mai 1727: naissance de Turgot.

17 septembre 1743: naissance de Nicolas de Condorcet.

20 juillet 1754: naissance d'Antoine Destutt de Tracy.

5 janvier 1767: naissance de Jean-Baptiste Say.

1776: parution Éthocratie ou Le Gouvernement fondé sur la morale d'Holbach, appelant à un régime parlementaire: « La liberté […] est le droit de faire pour son propre bonheur ou pour son intérêt tout ce qui n’est pas contraire au bonheur ou aux intérêts des autres. [...] Les lois doivent assurer irrévocablement la propriété, c’est-à-dire la possession sûre et tranquille des choses que le citoyen a pu justement acquérir. [...] Les mêmes lois doivent procurer à tout citoyen la sûreté pour sa personne tant qu’il est juste, ou tant qu’il ne se rend pas nuisible à la société. »

1780: Observations sur le XXIXe livre de L’Esprit des lois, de Condorcet.

18 mars 1781: mort de Turgot.

20 mai 1786: naissance de Charles Dunoyer.

26 septembre 1786: Traité Eden-Rayneval, qui prévoit une baisse des droits de douane dans les échanges entre le Royaume de France et le Royaume-Uni.

21 juin 1789: mort d'Holbach.

26 août 1789: Déclaration des droits de l'homme et du citoyen.

1790: Sur l’admission des femmes au droit de cité, de Nicolas de Condorcet.

5 décembre 1791: Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, d'Olympe de Gouges.

20 septembre 1792: l'Assemblé législative reconnaît le divorce par consentement mutuel.

29 mars 1794: mort de Nicolas de Condorcet.

30 juin 1801: naissance de Frédéric Bastiat.

1803: parution du Traité d'économie politique de Jean-Baptiste Say.

29 juillet 1805: naissance d'Alexis de Tocqueville.

1814: Charles Dunoyer et Charles Comte fondent le journal Le Censeur et critiquent la Restauration.

1815: Principes de politique, de Benjamin Constant.

1817: Commentaire sur « L’Esprit des lois » de Montesquieu, d'Antoine Destutt de Tracy.

1819: Discours de Benjamin Constant, De la liberté des Anciens comparée à celle des Modernes.

1823: parution du Traité d'économie politique d'Antoine Destutt de Tracy.

1830: Nouveau traité d’économie sociale de Charles Dunoyer.

9 mars 1830: Préface d'Hernani de Victor Hugo: "Le romantisme, tant de fois mal défini, n'est, à tout prendre, et c'est là sa définition réelle, que le libéralisme en littérature. Cette vérité est déjà comprise à peu près de tous les bons esprits, et le nombre en est grand ; et bientôt, car l'œuvre est déjà bien avancée, le libéralisme littéraire ne sera pas moins populaire que le libéralisme politique. La liberté dans l'art, la liberté dans la société, voilà le double but auquel doivent tendre d'un même pas tous les esprits conséquents et logiques ; voilà la double bannière qui rallie, à bien peu d'intelligences près (lesquelles s'éclaireront), toute la jeunesse si forte et si patiente d'aujourd'hui ; puis, avec la jeunesse et à sa tête, l'élite de la génération qui nous a précédés, tous ces sages vieillards qui, après le premier moment de défiance et d'examen, ont reconnu que ce que font leurs fils est une conséquence de ce qu'ils ont fait eux-mêmes, et que la liberté littéraire est fille de la liberté politique. Ce principe est celui du siècle, et prévaudra. Ces ultras de tout genre, classiques ou monarchiques, auront beau se prêter secours pour refaire l'ancien régime de toutes pièces, société et littérature ; chaque progrès du pays, chaque développement des intelligences, chaque pas de la liberté fera crouler tout ce qu'ils auront échafaudé. Et, en définitive, leurs efforts de réaction auront été utiles. En révolution, tout mouvement fait avancer."

14 novembre 1832: mort de Jean-Baptiste Say.

9 mars 1836: mort d'Antoine Destutt de Tracy.

1837: Adolphe Blanqui, dans l'introduction du premier volume de son Histoire de l'économie politique en Europe, depuis les anciens jusqu'à nos jours, interprète les révolutions comme opposant les classes productives aux classes improductives.

1841: Gilbert Guillaumin lance le Journal des économistes.

21 avril 1842: Discours de réception de Tocqueville à l'Académie française: "Je crois fermement qu’il dépend de nos contemporains d’être grands aussi bien que prospères ; mais c’est à la condition de rester libres. Il n’y a que la liberté qui soit en état de nous suggérer ces puissantes émotions communes qui portent et soutiennent les âmes au-dessus d’elles-mêmes ; elle seule peut jeter de la variété au milieu de l’uniformité de nos conditions et de la monotonie de nos mœurs ; seule elle peut distraire nos esprits des petites pensées, et relever le but de nos désirs."

6 septembre 1843: naissance d'Yves Guyot.

11 septembre 1848: discours de Victor Hugo en faveur de la liberté de la presse.

13 septembre 1848: Tocqueville, député, oppose la démocratie libérale au socialisme dans son Discours à l’Assemblée constituante sur la question du droit au travail.

25 septembre 1848: parution du pamphlet L'Etat de Bastiat dans le Journal des Débats.

1849: Le député Frédéric Bastiat demande la reconnaissance du droit de grève dans son Discours sur la répression des coalitions industrielles.

Février 1850: premier volume des Harmonies économiques de Frédéric Bastiat.

Avril 1850: Le Manifeste de l'Anarchie, d'Anselme Bellegarrigue.

juin 1850: Bastiat rédige son essai La Loi.

24 décembre 1850: mort de Frédéric Bastiat à Rome.

2 décembre 1851: coup d'Etat de Napoléon III. Charles Dunoyer démissionne de ses fonctions de conseiller d'État.

1854: Dictionnaire de l'économie politique, de Charles Coquelin et Gilbert Guillaumin.

16 avril 1859: mort d'Alexis de Tocqueville.

23 janvier 1860: Traité Cobden-Chevalier, qui favorise le libre-échange entre l'Empire français et le Royaume-Uni.

4 décembre 1862: mort de Charles Dunoyer.

1863: L'État et ses limites, suivi d'Essais politiques sur M. de Tocqueville, d'Édouard Laboulaye: "L'individualité, ou, sous un autre nom, l'originalité, c'est la condition, l'élément nécessaire de tout ce que nous nommons sciences, arts, éducation, civilisation. C'est ce que ne voient pas les socialistes, qui veulent jeter l'humanité dans un moule invariable ; c'est ce que ne comprennent pas les politiques, qui se croient toujours les seuls sages et les seuls raisonnables, et qui feraient volontiers de la société un régiment ; c'est ce que ne sent pas la société elle-même, qui s'étonne de ce que les grandes routes ne plaisent pas à tout le monde, et qui a l'horreur des esprits originaux, quoiqu'elle n'avance que par eux." (p.59)

29 juillet 1881: Loi sur la liberté de la presse.

21 mars 1884: Loi Waldeck-Rousseau qui abroge la loi Le Chapelier et autorise les syndicats professionnels.

1886: Rétablissement du droit au divorce.

1890:
Anatole Leroy-Beaulieu, "Les mécomptes du libéralisme", in La Révolution et le libéralisme: "La démocratie était la seule souveraine dont le libéralisme pût préparer le règne. Il ne s’est pas toujours aperçu qu’il travaillait pour elle. Après lui avoir frayé les voies du trône, il s’en est parfois repenti, il a refusé de la reconnaître, il a essayé de lui disputer l’empire, sans autre succès que de se rendre suspect. Quelque défiance qu’elle lui inspire, la démocratie est sortie du libéralisme, c’est le fruit de ses œuvres, et il n’en pouvait naître autre chose. Il aurait beau la renier, c’est l’enfant de sa chair et de son sang, mais un enfant qui, tout en gardant l’empreinte de ses traits, ne lui ressemble guère. Fille indisciplinée, passionnée, remuante, impatiente de toute règle, présomptueuse et arrogante, elle est loin d’écouter docilement les froides leçons de son père ; elle ne se fait pas scrupule d’être rebelle à ses maximes ; elle est portée, en grandissant, à ne voir en lui qu’un mentor gênant."

1893: La Tyrannie socialiste, d'Yves Guyot.

1895: Pourquoi nous ne sommes pas socialistes, d'Anatole Leroy-Beaulieu.

1899: Liberté et Socialisme, d'Ernest Martineau.

1er juillet 1901: Loi Waldeck-Rousseau sur les associations.

1903: Le Libéralisme, d'Émile Faguet.

1907: L’individualisme économique et social, d'Albert Schatz.

1913: Les femmes obtiennent la libre disposition de leur salaire.

22 février 1928: mort d'Yves Guyot.

1938: La réforme du Code civil de 1804 supprime l’incapacité juridique de la femme mariée.

Parution posthume de L’Ère des tyrannies d'Élie Halévy.

Du 26 au 30 août: colloque Walter Lippmann.

Mars-avril 1940: disparition du Journal des économistes.

1945: Suffrage universel étendu aux femmes, qui accèdent également au droit d'éligibilité.

1955: L'Opium des intellectuels, de Raymond Aron.

1965 : Les femmes mariées peuvent exercer une profession et ouvrir un compte bancaire sans l’autorisation de leur mari.

1966: Fondation de l'Association pour la liberté économique et le progrès social.

1967 : La Loi Neuwirth autorise la vente de contraceptifs.

1975: La loi Veil autorise l'Interruption volontaire de grossesse (IVG) sous certaines conditions.

1977: fondation du groupe des "Nouveaux économistes" par Jacques Garello.

1984: Le rejet de l’État, de Jean-François Revel.

1986: Les Libéraux, de Pierre Manent.

1987: L'Individu et ses ennemis, d'Alain Laurent.

1986-1988: le gouvernement Chirac aurait vendu pour 100 milliards de francs (valeur 1999) d’actifs publics.

1997-2002: L'ensemble des privatisations menée par le gouvernement Jospin aurait rapporté 210 milliards de francs en cinq ans.

1998: L'Erreur Européenne, de Jean-Jacques Rosa.

2000: Libéralisme, de Pascal Salin.

2004: Pourquoi les intellectuels n'aiment pas le libéralisme ?, de Raymond Boudon.

Aimez-vous Bastiat ?, de Jacques Garello.

2006: Logique du Libéralisme, Jacques de Guenin.

6 mars: suppression du Commissariat général du Plan.

2008: création du Parti libéral démocrate (PLD) par Aurélien Véron.

2009: Les origines philosophiques du libéralisme, de Lucien Jaume.

2010: lancement du journal en ligne Contrepoints.
Fondation de l'Institut Coppet par Damien Theillier.

2011: La France aveuglée par le socialisme, de Philippe Nemo.

2014: L’État de connivence, de Jean-Marc Daniel.

13 septembre: première conférence de Students for Liberty en France (Paris).

2016: création du Parti Libertarien Français.


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Oui, il y a plein d'écrits, et effectivement, les femmes ont gagné en termes d'égalité en droits. 

Et ensuite ?

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Pourquoi tant d'auteurs libéraux français et un pays si socialiste ? "Mais voyons, pour bien décrire l'enfer, il faut y vivre !" (Friedman)

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33 minutes ago, Johnathan R. Razorback said:

On me dit que le libéralisme n’aurait pas d’avenir en France (cf : https://forum.liberaux.org/index.php?/forum/151-philosophie-éthique-et-histoire/ ), ce qui n’est pas dire autre chose que la France n’a pas d’avenir (d'avenir désirable s'entend), que la route de la servitude est comme l’autre, tout comme l’autre sans sortie*, que les lendemains déchanteront fatalement, et qu’il n’y a aucun espoir à l’horizon.

 

(*Allusion à la formule du commissaire du peuple européen Yves-Thibault de Silguy : « L’euro est une autoroute sans sortie. »).

 

L’espoir, ce n’est peut-être pas à un pessimiste de caractère, qui estime son propre pays en décadence (cf: http://oratio-obscura.blogspot.com/2018/07/de-la-profanation-des-symboles.html ), qu’il faut le demander.

Mais pessimisme n’est pas quiétisme, pas plus que comprendre le découragement n’implique d’admettre les jérémiades. Par exemple celles, trop fréquentes, qui consistent, à l’instar du premier collectiviste venu, à confondre un pays avec son gouvernement, ou l’opinion des Français avec celle d’une majorité électorale. Ou encore à dénigrer la « fRance » (sic), comme si elle n’avait jamais vu naître un seul homme libre, comme s’il s’agissait de quelque lamentable contrée maudite et sans qualités, rétive et obtuse et unanime dans l'adoration de ses chaînes.

 

Ce à quoi l’auteur de ces lignes, sans du tout faire un pronostic ou un pari (il lui arrive de les perdre), voudrait rappeler, d’avantage à l’attention des dépités qu’à celle de la bêtise essentialiste, qu’à défaut d’un avenir, le libéralisme à un passé en France.

 

Et quel passé ! Et par combien de luttes et de tempêtes sont-ils passés, les meilleurs de nos devanciers, pour nous donner, en dépit de tout, la liberté et le bonheur dont l’on peut jouir malgré tout, dans ce pays ?

Et comment notre désespoir ne se trouverait-il pas tempéré, et même renversé, par le souvenir de cette longue suite d’audaces et de triomphes, de ce « non » perpétuel adressé à l’oppression, de cette ardeur qui nous fit meilleurs et plus grands que nous n’étions, et plus libres et plus enviables, tout de même, que peut-être bien des peuples encore ? …

 

Any movement that has no sense of its own history, that fails to acknowledge its own leaders and heroes, is not going to amount to very much, nor does it deserve a better fate.”
-Murray N. Rothbard.

 

 

 

Quoi, ce 'est pas encore sur Contrepoints?

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il y a 52 minutes, Nigel a dit :

Pourquoi tant d'auteurs libéraux français et un pays si socialiste ? "Mais voyons, pour bien décrire l'enfer, il faut y vivre !" (Friedman)

 

La formule est savoureuse, mais si elle était exacte, on ne pourrait pas produire une liste facilement aussi longue (ou plus longue), d'écrits de socialistes français ;)

 

Il n'y a pas de relations simples entre l'activité d'un mouvement et l'évolution de la situation politique d'un pays.

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il y a 24 minutes, Restless a dit :

 

 

Bonne remarque. J'en profite pour signaler que la liste ci-dessus n'est nullement exhaustive (je me suis tout juste tenu à un ouvrage par auteur et encore, pas toujours rigoureusement) ; il serait bon que les volontaires amateurs d'histoire française viennent la compléter ;)

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il y a 19 minutes, Johnathan R. Razorback a dit :

La formule est savoureuse, mais si elle était exacte, on ne pourrait pas produire une liste facilement aussi longue (ou plus longue), d'écrits de socialistes français ;)

 

Il faut bien des bras pour attiser les flammes.

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Il y a quelques incohérences dans la chronologie. Par exemple les dates de naissance et de mort pour les auteurs anciens mais pas contemporains.

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Je pense que le plus grand problème des libéraux c'est que nous sommes terriblement mauvais en stratégie politique. 

 

Ce qui n'est malheureusement pas du tout le cas de nos ennemis socialistes/communistes. Ils n'ont pas eu besoin de gagner des élections dans chaque pays du monde pour qu'aujourd'hui quasiment tous les pays appliquent la majorité des points du manifeste communiste. Ils ont juste eu besoin d'influencer (ou, dans leur cas, infecter) profondément la culture politique du monde entier de façon à ce que, même sans gagner les élections, chaque parti politique pointe dans la direction de toujours plus de socialisme. Ceux de gauche généralement plus vite que ceux de droite mais tous dans la même direction. Pourtant rien de tout ça n'était écrit à l'avance.


Ceci étant dit, il n'y a même pas besoin de remonter aussi loin que la révolution française pour parler de victoires libérales.

Malgré le régime autoritaire qui la remplace aujourd'hui, je pense qu'on peut considérer la relativement pacifique chute de l'URSS, pire régime totalitaire de l'histoire, comme une merveilleuse victoire pour la liberté et la paix. Ceux qui, dans les années 70/80, prévoyaient la chute de l'URSS pour bientôt étaient vus comme profondément irréalistes.

De même que, sous Mao, qui aurait pu prévoir que la Chine connaitrait ensuite une phase de libéralisation massive qui sortirait des centaines de millions de chinois de la pauvreté ?

 

Evidemment la Russie comme la Chine sont très loin de pouvoir être considérées comme libres, mais ce sont des exemples récents et non négligeables où la liberté individuelle s'est améliorée à un degré complètement inespéré peu d'années auparavant.

 

D'aucuns diraient que l'Afrique pourrait bientôt connaître un phénomène similaire. Et j'aime à penser qu'on verra la Corée du Nord prendre le même chemin dans les prochaines décennies.

 

Et, sinon, que dire de l'abolition de l'esclavage ? L'esclavage étant un phénomène qui jusqu'à un certain point avait existé de tout temps dans toutes les civilisations. Il aurait vraiment fallu être d'un optimisme extrêmement naïf et complètement ignorant des réalités de la nature humaine pour ne serait-ce qu'envisager que cela puisse être un jour totalement éradiqué... :rolleyes: (enfin, du moins dans le monde occidental moderne)

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Il y a 4 heures, Extremo a dit :

Je pense que le plus grand problème des libéraux c'est que nous sommes terriblement mauvais en stratégie politique. 

et ama c'est largement du à la nature même du point de vue défendu par les libéraux.

Croire à l'émergence c'est par essence laisser faire.

Croire au constructivisme (et aux places et au pouvoir associés) c'est par essence participer à le mettre en place.

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Il y a 8 heures, Extremo a dit :

Je pense que le plus grand problème des libéraux c'est que nous sommes terriblement mauvais en stratégie politique. 

La politique, c'est sale. Tant que les libéraux resteront sur leur piédestal et blablateront sur la nocivité de la politique, il se passera rien. Le principe de tout ou rien, ça aboutit souvent à rien.

Si tu t'interesses pas à la politique, elle s'interessera à toi, c'est aussi simple que ça.

Des pays ont abandonné leur politique totalitaire, pour parvenir à une certaine liberté et respect des droits individuels. Ça ne signifie pas pour autant que la prochaine étape sera celle du libéralisme dans le sens de moins de place pour l'État qui donne toujours la mesure.

C'est la sociale démocratie qui gagne, et l'emprise de l'État dans tous les domaines.

 

Un exemple : le remplacement du ministre des Sports par je ne sais pas quelle bouffonne qui à peine arrivée chougne de la suppression à venir de 1500 postes. Et tout le monde l'accompagne dans ses lamentations. Parce que vous comprenez, si l'État s'occupe pas du sport, le sport est mort. On parle de la suppression de quelques postes, hein....

Alors c'est pas demain que l'on verra disparaitre tous les bidules et autres merdes qui servent à rien d'autre qu'à créer des emplois fictifs.

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Il y a 8 heures, Extremo a dit :

Et, sinon, que dire de l'abolition de l'esclavage ? L'esclavage étant un phénomène qui jusqu'à un certain point avait existé de tout temps dans toutes les civilisations. Il aurait vraiment fallu être d'un optimisme extrêmement naïf et complètement ignorant des réalités de la nature humaine pour ne serait-ce qu'envisager que cela puisse être un jour totalement éradiqué... :rolleyes: (enfin, du moins dans le monde occidental moderne)

 

Matt Ridley a écrit un livre, The Rational Optimist, où il explique que globalement le monde va mieux. Alors oui il est pas impossible que la France devienne le pire pays où vivre en Europe, mais la France c'est pas le monde entier.

 

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Il y a 11 heures, Lancelot a dit :

Il y a quelques incohérences dans la chronologie. Par exemple les dates de naissance et de mort pour les auteurs anciens mais pas contemporains.

Moi, j'ai encore plus de mal avec les dates de naissance.... 

Inclure dans une telle liste la naissance de futurs auteurs libéraux n'a de sens que si leur naissance est le résultat d'une action libérale (je ne vois pas comment), ou si le nouveau-né a ébauché des théories (ce dont je doute).

Plus intéressant est donc la première oeuvre ou action de ces premiers libéraux. 

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il y a 15 minutes, Calvin a dit :

Plus intéressant est donc la première oeuvre ou action de ces premiers libéraux. 

La littérature de science fiction ne manque pas.... pour autant, les extra terrestres sont-ils parmi nous ?

Blague à part, la littérature, les auteurs libéraux ne manquent pas, ce qui manque, c'est l'application des principes (ou des non principes, osef) et surtout la visibilité de ces auteurs ou penseurs...

Et là, c'est le désert total.

À part Koenig dont vous vous moquez tous.... ou presque. pas assez ceci, trop cela....

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Non, j'ai dit qu'il finira ministre.

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il y a 55 minutes, Calvin a dit :

Moi, j'ai encore plus de mal avec les dates de naissance...

 

En soi ça n'a pas beaucoup d'importance, mais si on met des dates de décès, les dates de naissance deviennent utiles pour estimer la période où un auteur a été actif.

 

Je m'en suis aussi tenu à quelques noms "illustres" et anciens pour ne pas surcharger.

Je trouve aussi que ça donne une impression (fondée d'ailleurs) de passage de relai lorsqu'on lit à la suite la chronologie.

 

Il a sûrement d'autres lois libérales auxquelles on ne pense pas. Il y a aussi des libertés qui ont été acquises à certains moments et perdus depuis. L'Histoire n'est pas linéaire.

 

Edit: tiens par exemple, sur la prostitution, le "délit" dit de racolage passif avait été aboli en 1994. C'est Sarkozy qui nous l'a remis en 2003. Et je lis qu'on l'aurait de nouveau abolit en 2016.

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il y a 4 minutes, Johnathan R. Razorback a dit :

C'est Sarkozy qui nous l'a remis en 2003.

ce qu'il faut retenir.

et ça ne s'est pas arrangé depuis, non ?

moi ce que je constate, c'est plutôt une extension du domaine de la lutte de l'État qui vient faire ch... le monde du lever au coucher. Une fois réparées les injustices criantes en termes d'égalité de droit, maintenant il s'agit de rétablir le bordel en filant de nouveaux droits aux minorités risibles, par exemple, ou de nous expliquer comment vivre, manger, mourir, bouger, baiser.

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il y a 13 minutes, Bisounours a dit :

ce qu'il faut retenir.

et ça ne s'est pas arrangé depuis, non ?

 

Comme je disais ça semble à nouveau abrogé depuis 2016: https://fr.wikipedia.org/wiki/Prostitution_en_France#Histoire_de_la_prostitution_en_France

 

Donc il n'y a pas de raisons de ne retenir que les mauvaises nouvelles.

L'Histoire enseigne la perspective.

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Tu as raison d'être optimiste, ce n'est pas mon cas. Mais donne moi d'autres bonnes nouvelles qui me mettront la joie au coeur pour la journée. :) 

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1 hour ago, Calvin said:

Moi, j'ai encore plus de mal avec les dates de naissance....

Ça se discute mais en tous cas il faut les mettre pour tout le monde ou personne.

 

1 hour ago, Bisounours said:

À part Koenig dont vous vous moquez pas assez

fixd

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Il y a 12 heures, Rübezahl a dit :

et ama c'est largement du à la nature même du point de vue défendu par les libéraux.

Croire à l'émergence c'est par essence laisser faire.

Croire au constructivisme (et aux places et au pouvoir associés) c'est par essence participer à le mettre en place.

L'approche très rationaliste de la politique, donc. Alors que celle-ci tend, dans le débat public, à devenir une préoccupation hautement passionnelle. Raison pour laquelle, selon moi, le libéralisme n'attire pas spontanément les foules (ou beaucoup moins que certaines doctrines, dont la rhétorique repose largement sur le pathos). Ça, additionné à tout un tas de facteurs qui rendent difficile la visibilité dans le paysage politique français.

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il y a 36 minutes, poincaré a dit :

L'approche très rationaliste de la politique, donc. Alors que celle-ci tend, dans le débat public, à devenir une préoccupation hautement passionnelle. Raison pour laquelle, selon moi, le libéralisme n'attire pas spontanément les foules (ou beaucoup moins que certaines doctrines, dont la rhétorique repose largement sur le pathos). Ça, additionné à tout un tas de facteurs qui rendent difficile la visibilité dans le paysage politique français.

 

Les libéraux ont pourtant du pathos à revendre mais quand on pointe l’impunité et les horreurs commises par les hommes de l’Etat, il y en a toujours un qui vient rationaliser. 

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C'est-à-dire que les horreurs de la police quand on voit ce que tu fais subir à l'orthographe, elles font pâle figure.

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il y a 3 minutes, Bézoukhov a dit :

C'est-à-dire que les horreurs de la police quand on voit ce que tu fais subir à l'orthographe, elles font pâle figure.

 

Où ça ?

 

Et merci pour l’illustration. 

 

Et ça ne concerne pas que la police. 

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Ah effectivement. C’est à force de vivre à l’étranger. 

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Le 10/09/2018 à 11:41, Bisounours a dit :

ce qui manque, c'est l'application des principes (ou des non principes, osef)

au niveau individuel, ça ne manque pas du tout.

C'est au niveau des  agrégats que ça manque.

 

E il faut aussi voir que, à long terme, seuls les entités libérales vivent et vivront bien.

Les autres vont tous finir comme le Venezuela.

 

 

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