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Johnathan R. Razorback

Blogosphère politique

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Il y a 2 heures, Johnathan R. Razorback a dit :

Dieux du ciel, celui-là est tout bonnement magique ! On dirait qu'ils sont tombés sur le générateur de bullshit parodique de @Mégille :D

 

Hum... Je n'arrive pas à deviner si ton détecteur à second degré est cassé ou NON. (Cet article m'a bien fait rire en tout cas :lol:).

 

 

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Il y a 17 heures, Johnathan R. Razorback a dit :

Dieux du ciel, celui-là est tout bonnement magique ! On dirait qu'ils sont tombés sur le générateur de bullshit parodique de @Mégille :D

Waou. Pareil, je n'arrive pas a déterminer si c'est sérieux ou non. Le plus étonnant c'est l'usage des mots "disruptif" (macronoïde) et "agilité" (c'est pas un truc de managment, ça ?).

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Il y a 2 heures, Mégille a dit :

 "agilité" (c'est pas un truc de managment, ça ?).

 

Si. Mon père est manager et on te parle des besoins "d'agilité" des entreprises dans la propagande littérature interne de sa boîte. Mais c'est un buzzword, tu le retrouves dans plein d'articles sur l'économie maintenant.

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Autrefois appelé « lean » autrefois appelé...

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Il y a 4 heures, Mégille a dit :

Waou. Pareil, je n'arrive pas a déterminer si c'est sérieux ou non. Le plus étonnant c'est l'usage des mots "disruptif" (macronoïde) et "agilité" (c'est pas un truc de managment, ça ?).

 

Bon, pour info, avoir Boyd Rice et féminisme dans une même phrase, c'est un indice fort quant au caractère sérieux (ou non) de l'article.

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Moment de rire et de détente:

 

Moins de dix-huit mois auparavant, Marine Le Pen, du Rassemblement National, avait enfin réussi à enjamber la dernière marche du pouvoir. Elle était devenue, le 15 mai 2022, la neuvième présidente de la Vème République, en l’emportant de justesse au second tour face à Benoît Hamon.

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Lu la préface de Pierre Manent au nouveau livre de Daniel Mahoney (ça pourra intéresser notamment @Rincevent et @PABerryer).

 

Je suis d'accord qu'il a bien quelque chose comme un humanitarisme ou un cosmopolitisme qui vide le sentiment d'appartenance nationale de sa substance, le délégitime. Il est égotiste en ce sens qu'il coupe l'individu de toutes les valeurs héritées du passé (il est arbitraire parce qu'il ne le fait pas sur la base d'une critique raisonnée de ces valeurs -qui n'aboutirait vraisemblablement pas à un rejet intégral- , mais parce que celles des cultures étrangères sont arbitrairement posées comme "cool", "fascinantes", etc. C'est un exotisme d'ailleurs souvent superficiellement intéressé par la réalité desdites cultures, ou acritique vis-à-vis de leurs aspects négatifs). Il est aussi hédoniste en ce sens qu'il coupe l'individu de toutes les contraintes liées à l'appartenance nationale ("ringarde", "rance", etc.), du civisme, du sens de l'engagement. Il est enfin "présentiste" (et donc encore tendanciellement hédoniste), parce que si je n'ai pas le sentiment d'appartenir à quelque chose qui m'a précédé et me survivra, hé bien, à quoi bon l'effort, à quoi bon produire des œuvres, fonder une famille, me soucier de l'avenir en général ?

Il semble donc raisonnable de dire que cet état d'esprit est nocif d'une part parce que le sentiment d'appartenance en soi est source de bienfaits moraux pour l'individu, d'autre part parce qu'au moins une partie des valeurs héritées du passé national peuvent raisonnablement être jugées bonnes, exemplaires, structurantes, etc.

(Si j'étais conservateur / évolutionniste, je pourrais aussi dire que les valeurs héritées ont passé l'épreuve du temps et prouvées qu'elles étaient viables, ce qui n'est pas le cas d'un patchwork personnel évolutif empruntés à différentes cultures étrangères. Mais ce n'est pas le mode d'argumentation que je retiendrais).

 

Là où je suis en désaccord avec Manent c'est lorsqu'il écrit: "En tant que citoyens, nous avons besoin de pouvoir exercer nos droits et remplir nos devoirs dans une association politique dont la légitimité ne saurait être remise en question au nom de « l’humanité », comme lorsque l’on prétend que le gouvernement légitime d’une nation n’a pas le droit de déterminer quelles personnes il acceptera à l’intérieur de ses frontières, puisque les migrants ne font qu’exercer leurs droits humains. Selon cette conception des choses, les droits humains l’emportent sur toutes les considérations de justice ou de prudence politique."

 

Sans aller jusqu'à traiter Manent de nationaliste, les principes exposés dans ce passage relèvent bien d'une logique nationaliste (et la conclusion antilibérale ne peut pas surprendre). Parce qu'il veut énergiquement rejeter l'humanitarisme, Manent tombe dans l'excès contraire. En réalité, comme l'ont montré les analyses conceptuelles de Michel Lacroix, le patriotisme authentique est un juste milieu entre ces deux extrêmes. Il équilibre des attachements particularistes et universalistes. C'est au travers de mon pays unique et singulier que je peux promouvoir et réaliser des valeurs universellement valables. Humanitarisme et nationalisme sont deux mutilations inverses de cette visée légitime, deux formes de rapports pathologiques à la communauté nationale.

Manent a tort d'écrire que l'on ne peut pas légitimement opposer au pouvoir politique et la collectivité nationale dont il émane un idéal d'humanité. S'il en était ainsi, si mon pays se mettait à violer sans vergogne les plus hautes valeurs morales (et leurs traductions politiques dans les droits de l'Homme), alors il ne serait plus ma patrie, l'endroit où j'ai choisi de vivre et pour lequel je pourrais accepter de mourir. Mon pays (a fortiori mon gouvernement) n'est pas mon pays right or wrong, quoiqu'il fasse, parce que l'appartenance nationale n'est pas un fait de nature inéluctable (c'est l'erreur de la conception traditionnelle allemande), mais comporte un élément volontariste (c'est précisément ce qui rend possible d'assimiler des étrangers, ce dont je doute que Manent se plaindrait). Mais s'il en est ainsi, c'est parce qu'il y a un accord tacite entre mon pays et moi. Je lui dois mon amour parce qu'il le mérite, je ne lui donne pas inconditionnellement. Sinon, le patriotisme serait en effet la folie déraisonnable qui voit l'humanitariste. Or, comme disait le général de Gaulle, la raison participe du patriotisme tout autant que le sentiment.

 

C'est parce que le patriotisme bien compris inclut une composante universaliste qu'il n'y a rien d'illégitime ni d'antipatriotique à m'opposer à mon gouvernement ou à mes concitoyens s'ils abandonnent cet amour rationnel, qui les élèvent et les rends meilleurs qu'ils ne sont, au profit de l'attachement borné, exclusif et fanatique que constitue le nationalisme. Ce sont ceux qui idolâtrent la patrie en la changeant en un absolu incontestable qui, en fait, ne l'aiment pas réellement (exactement, ainsi que le remarque G. K. Chesterton, comme ce n'est pas aimer une personne individuelle que de lui donner toujours raison ou de commettre n'importe quel acte à son profit. Un amour n'est rationnel que s'il fait le bien de l'être aimé, et que celui-ci le mérite. Ce qui peut, parfois, impliquer de lui rappeler ce qu'il est et quels sont ses devoirs). Ce sont les nationalistes qui n'aiment pas leur pays, parce qu'ils l'aiment de travers. Parce qu'ils le défigurent.

 

Et c'est ce que nous apprends l'affaire Dreyfus (« Vous insinuez que nous ne sommes pas patriotes: c’est nous qui le sommes, puisque nous voulons pas que la patrie soit déshonorée par une infamie ; et c’est vous qui ne l’êtes pas, puisque vous voulez que la patrie soit déshonorée par cette infamie. » -Charles Péguy, Le Progrès du Loiret, 20 octobre 1898, OPC, t.1, Paris, Gallimard, Pléiade, 1987, p. 119).

 

Et c'est ce que nous apprend la résistance européenne au national-socialisme (lisez les Lettres à un ami allemand d'Albert Camus).

 

Et c'est ce que nous apprennent les appelés réfractaires durant la Guerre d'Algérie.

 

Et c'est encore ce que nous apprennent ceux qui refusent de laisser les nationalistes faire de la France un pays fermé et xénophobe. On ne peut pas opposer la patrie à l'humanité (comme le fait le nationaliste), ni abandonner la patrie pour l'humanité (comme le voudrait le "citoyen-du-monde"). "La patrie est l'initiation nécessaire à l'universelle patrie." (Jules Michelet, Le Peuple, 1846).

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Il y a 4 heures, Johnathan R. Razorback a dit :

Les thèses de Laconique ne sont pas souvent très sérieuses, mais elles ont le mérite de me faire rire.

Billet sous-titrable : "Pourquoi on baise moins qu'avant quand on est trotskyste". :lol: Gageons qu'il finira incel dans quelques années. 

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"En fait, nous ne savons rien après le Grand débat que nous ne sussions avant qu’il ne commence. Pas la peine de regarder les entrailles des oiseaux ou d’organiser des Grands débats pour savoir que la taxe carbone ou la baisse à 80 km/h des vitesses limitées sur route passaient mal. Il suffisait de lire les rapports des préfets qui connaissent souvent mieux le terrain que les politiques et qui ont abondamment tiré les sonnettes d’alarme. Il est d’ailleurs amusant que ce soient les hauts-fonctionnaires, souvent énarques, dont on prétend à tout bout de champ qu’ils sont « coupés des réalités » qui aient été les premiers fait remonter le mécontentement alors que les élus et les personnalités « issus de la société civile » dont on nous vante au contraire l’implantation dans le réel se soient faits surprendre…"

 

http://descartes-blog.fr/2019/05/04/779/

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Tribune de Barbara Lefebvre contre le Président de la République, dans le Figarovox. Beaucoup de choses justes mais elle aboutit aux mêmes impasses tendanciellement nationaliste que j'ai dénoncé ci-dessus dans la préface de Pierre Manent:

 



Barbara Lefebvre est essayiste et enseignante. Elle vient de publier C’est ça la France…(Albin Michel, 2019).

Quand le communicant ne sait plus définir un mot, quand le politique ne veut plus incarner ou transmettre un principe, quand un groupuscule idéologique veut détourner une valeur de son sens, on lui ajoute un adjectif. Une épithète, si possible, pour mieux faire perdre de sa substance au mot qu’on entend récuser tout en prétendant l’enrichir par cet adjectif. Et voici donc la dernière trouvaille du logos progressiste et son révisionnisme néolibéral du vocabulaire imposé pour notre bien: le «patriotisme inclusif».

Emmanuel Macron a donc clos son allocution, jeudi soir, par un appel à «rebâtir un patriotisme inclusif» pour servir «l’intérêt général français et européen». C’est vrai qu’en ces temps où nous voyons le résultat effarant de près de quarante ans de minutieuse destruction de tout ce qui fondait le socle patriotique, de nos paysages à notre langue en passant par l’éducation et nos chefs-d’œuvre culturel, il nous faut des re-bâtisseurs! Doit-on s’offusquer qu’ils soient «en même temps» les démolisseurs idéologiques – ou leurs héritiers à tout le moins – de ce qu’ils font mine de célébrer et vouloir «rebâtir» après l’avoir mis en miettes?

» LIRE AUSSI – Barbara Lefebvre: «C’est notre faiblesse, notre fatigue qui fait la force de minorités tyranniques»

Le « patriotisme inclusif  » arrive notamment après les polémiques sur « l’écriture inclusive  ».

Le patriotisme, nous savons le tenir dans un cadre d’explicitation à peu près consensuel: c’est cet attachement affectif puissant de l’individu envers sa patrie, qui est d’abord un territoire géographique et historique, riche d’un legs multiséculaire dont l’individu est l’héritier et le continuateur. C’est ce sentiment d’appartenance à une communauté politique et historique plus grande que lui, pour laquelle il est prêt à se dévouer, s’engager sous différentes formes, non pas seulement comme individu mais comme citoyen, plaçant l’intérêt supérieur de la patrie au-dessus de ses intérêts particuliers. Apparemment pour Emmanuel Macron, le patriotisme ne suffit plus, ne répond pas aux «enjeux de notre époque» (à l’instar de la flèche de Notre-Dame si l’on en croit le Premier ministre). Il est urgent de lui adjoindre l’adjectif préféré des bien-pensants et bien-communicants: inclusif. Pourquoi Emmanuel Macron juge-t-il nécessaire de parler de «patriotisme inclusif»?

Le «patriotisme inclusif» arrive notamment après les polémiques sur «l’écriture inclusive». Cette écriture (mais aussi cette oralité celles et ceux, toutes et tous, autrice, etc.), consistant à rendre illisible notre langue au nom de la parité et de la lutte contre la phallocratie incarnée par la règle de grammaire voulant que le neutre masculin l’emporte sur le féminin. Exemple tiré d’un site faisant la promotion de la grammaire inclusive: «L’éducateurice de mon enfant dit qu’iel a des talents de créateurice». Le iel étant le pronom personnel inclusif, c’est-à-dire qu’il représente tous les genres, masculin, féminin et autre puisqu’il existerait des genres «indéterminés» réclamant reconnaissance de «leurs droits». Si le point médian perturbe la lecture, insupporte tant d’entre nous pour ce qu’il représente en termes d’idéologie, au moins laisse-t-il encore la possibilité de comprendre le sens d’une phrase, mais avec le all inclusive de la grammaire inclusive on ne comprendra bientôt plus notre propre langue. Le mieux est toujours l’ennemi du bien…

Pour comprendre le « patriotisme inclusif  » macronien, il faut savoir ce que la doxa entend par une « société inclusive  ».

Le patriotisme inclusif a surgi des profondeurs pour soutenir la «société inclusive». Il n’est qu’à lire le terrifiant rapport du conseiller d’Etat Tuot, commandé au début de son mandat par François Hollande et rendu au cours de l’année 2013, pour prendre conscience de l’ampleur du projet de destruction de la civilisation française que cette expression recèle sous son apparence anodine. Thierry Tuot avait eu l’audace sinon l’indécence d’intituler son rapport «la grande Nation: pour une société inclusive», annonçant ainsi que la grandeur du destin français résidait dans sa dissolution dans le grand bain multiculturaliste et communautariste. La tyrannie des minorités et le règne des «communautés de souffrance» sont apparemment notre horizon de «grande Nation»…

Ce terme mis désormais à toutes les sauces par nos Modernes vient de la forme anglo-saxonne inclusive, dont l’antonyme est exclusive, tandis qu’en français l’adjectif «inclusif» ne connaît pas de contraire. Ainsi une société dite inclusive ou une école inclusive n’ont pas pour contraire une société ou une école «exclusive». Il n’en va pas de même des formes verbales (inclure-exclure) ou des noms (inclusion-exclusion) qui ne sont pas des mots nouveaux dans notre langue. La forme épithète est donc bien une greffe linguistique venue des représentations sociales anglo-saxonnes postmodernes. À ce titre, elle a une éminente portée idéologique et politique, elle aspire à modifier en profondeur notre société fondée sur des représentations politiques et historiques bien différentes. Pas étonnant que des résistances surgissent et que cette floraison «inclusive» agace de plus en plus de Français. Les accuser de faire montre de passéisme ou d’être animés par des «passions tristes» ne suffit plus.

Toutes personnes osant contester le principe inclusif ainsi dévoyé, comme les méthodes de ses partisans reposant sur l’intimidation idéologique, se voient qualifier d’homophobe, de sexiste, de raciste…

Pour comprendre le «patriotisme inclusif» macronien, il faut savoir ce que la doxa entend par une «société inclusive». C’est une société qui doit s’adapter constamment pour accueillir les nouveaux venus en tenant compte de leurs revendications, notamment exprimées sur le mode de la visibilité publique. Ces «nouveaux venus» dont la société doit inclure les codes socioculturels, sont la nouvelle génération de citoyens (les «jeunes»), les immigrés, les minorités. Et si leurs codes heurtent ceux de la société d’accueil, c’est cette dernière qu’il faut rééduquer, réadapter, dénationaliser, décoloniser, dé-genrer etc. La société inclusive s’oppose donc clairement à une société qui promeut l’intégration (efforts et adaptations du nouveau venu, joints à la volonté d’accueil de la société majoritaire) et plus encore l’assimilation.

La perversité de cette mécanique bien-pensante est que la société inclusive relevait à l’origine d’une démarche non seulement légitime mais indispensable: l’intégration sociale, culturelle, professionnelle, éducative des personnes en situation de handicap. En effet, on consentira aisément que ce n’est pas à une personne sourde ou aveugle de s’adapter à la société qui l’entoure (au-delà des efforts que cette personne opère déjà pour gérer son handicap). Ce n’est pas à l’enfant autiste de s’adapter aux méthodes d’apprentissages scolaires. Ce n’est pas au paraplégique en fauteuil roulant de s’adapter à l’ergonomie des transports en commun. C’est à la société des valides et des neurotypiques de mettre en œuvre les adaptations nécessaires et garantir leur accessibilité, afin de ne pas exclure de la communauté nationale ces millions de citoyens.

Or la notion de société inclusive originellement destinée à corriger les inégalités de traitement des personnes handicapées a été rapidement captée et pervertie par les boutiquiers des minorités identitaires qui ont vu là l’occasion de déconstruire en profondeur les bases de la société pluraliste démocratique. En premier lieu, ce furent les lobbies LGBT, puis vinrent les lobbies immigrationnistes qui décrétèrent, au nom du «droit à la différence», que c’était à la société française de s’adapter culturellement et socialement pour satisfaire aux exigences de ces identités minoritaires (voire ultra-minoritaires). Tout cela se fit sur le ton de la victimisation dans les années 1990-2000, avant de devenir aujourd’hui celui de l’admonestation et de la menace. Il faudrait satisfaire à ces demandes dans le champ institutionnel (notamment éducatives et universitaires), dans le déploiement des politiques publiques comme privées (car l’activisme de ces lobbies est puissant aussi dans les entreprises privées). Toutes personnes osant contester le principe inclusif ainsi dévoyé, comme les méthodes de ses partisans reposant sur l’intimidation idéologique, se voient qualifier d’homophobe, de sexiste et/ou de raciste.

Cela convient à l’hyper-individualisme de la société postmoderne et post-nationale où chaque génération se croit surgie de nulle part, auto-engendrée, sans filiation.

L’apposition de l’épithète inclusif n’est donc pas insignifiant, tout comme nombre de ceux qu’on accole de plus en plus à de grandes notions de philosophie politique ou de principes républicains. Ainsi Emmanuel Macron terminant sa longue allocution par cet appel à «rebâtir un patriotisme inclusif», avait aussi évoqué précédemment «un patriotisme ouvert». Voilà qui évoque immédiatement l’expression de «laïcité ouverte» utilisée par les promoteurs des «accommodements raisonnables» (nés aussi dans le monde du communautarisme anglo-saxon), qui veulent déconstruire la laïcité républicaine née des réformes de la IIIè République et de la loi de séparation de 1905. Il faut donc toujours prêter l’oreille aux formules des Modernes, du Nouveau monde.

Si l’on s’en tient donc à ce qui précède, que signifie le «patriotisme inclusif» d’Emmanuel Macron? Ce serait un sentiment d’appartenance à la patrie française à la carte, sur la base du volontariat ou du contrat révocable, où l’individu davantage que le citoyen, aurait le droit de discriminer ce qui lui convient ou non de prolonger dans le legs historique, culturel et politique dont il est l’héritier. Cela convient à l’hyper-individualisme de la société postmoderne et post-nationale où chaque génération se croit surgie de nulle part, auto-engendrée, sans filiation. «Nous n’appartenons qu’à nous-mêmes» disent les uns, sans lien de continuité avec ceux qui nous ont précédés et qui ont bâti ce dont nous profitons et que nous avons la liberté de détruire pour le rebâtir à notre gloire. «Nous n’appartenons qu’à notre race, religion, genre» disent les autres et «nous refusons de nous identifier à vous qui formez une communauté nationale», ceux-là refusent de s’intégrer à une société démocratique qui ne repose pas sur une identité close, englobante sinon totalitaire. Il ne peut donc plus y avoir de patriotisme. Mais comme une nation ne peut pas prétendre reposer sur des sables mouvants, on invente «le patriotisme inclusif»! Emmanuel Macron imagine sans doute satisfaire tout le monde, et semble toujours stupéfait de ne pas y parvenir.

Emmanuel Macron dira bien sûr rejeter «et les uns et les autres» de ces extrêmes, mais l’usage même de l’épithète «inclusif» accolé au noble mot de patriotisme démontre la malhonnêteté de la démarche du «et en même temps». Au-delà de la nation, du consensus civique et démocratique, ce qui a été perdu et dont tant de Français en colère sont orphelins, c’est le socle sans lequel rien ne tient: le patriotisme. Et il n’a pas besoin d’adjectif pour être retrouvé, réinsufflé. Si l’on n’aime pas la France inconditionnellement, ses paysages, sa littérature, ses monuments, ses héros historiques ou mythiques, si l’on ne fait pas aimer la France aux nouveaux venus, il n’y a aucune possibilité de former une volonté commune de constituer un peuple citoyen. Le patriotisme est un attachement qui se construit dès l’école, qui s’entretient, or l’autodénigrement français et la vindicte antifrançaise de certaines minorités tyranniques rendent difficile son nécessaire renforcement dans un monde plein de menaces.

Au-delà de la nation, du consensus civique et démocratique, ce qui a été perdu et dont tant de Français en colère sont orphelins, c’est le socle sans lequel rien ne tient : le patriotisme.

Aimer la France inconditionnellement ne signifie ni s’aveugler sur les trahisons de l’histoire, ni sur les errements actuels, cela ne signifie pas non plus renier ses affiliations personnelles, car comme l’écrivait Marc Bloch «c’est un pauvre cœur que celui auquel il est interdit de renfermer plus d’une tendresse». Mais «l’art d’être Français» c’est probablement de concilier tout cela au nom d’une grandeur nationale passée qu’on veut faire renaître, c’est être capable de placer son identité de patriote au-dessus du reste quand le destin de la France vous y invite.

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