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Johnathan R. Razorback

Êtes-vous universaliste ou relativiste ?

Êtes-vous universaliste ou relativiste ?  

37 members have voted

  1. 1. On peut trouver une vérité universelle...

    • Nulle part
    • Dans les sciences de la nature seulement (physique, biologie, etc.)
    • Dans les sciences seulement (sciences de la nature et sciences sociales)
    • Dans les sciences mais également dans le domaine moral (qui permet par suite d'orienter nos choix politiques)
    • Dans les sciences, la morale (politique), mais également dans les arts (objectivité du beau)
  2. 2. Certaines sociétés ou cultures ne sont-elles pas tout simplement supérieures à d'autres ?



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A l'occasion de cet excellent article, je vous propose un petit sondage pour déterminer le ou les domaines où vous êtes (ou non) relativiste:

"Bien que les positions universalistes ou relativistes aient des retombées politiques évidentes, elles ne coïncident pas avec l’opposition gauche / droite Comme nous l’avons vu au chapitre précédent, le relativisme a son origine dans la pensée contre-révolutionnaire et le nationalisme, dans la contestation de l’idée de progrès, ce qui le situerait à droite. Mais le respect des différences serait maintenant plutôt de gauche. La foi en des valeurs universelles peut se trouver associée à des politiques opposées. L’exemple du communautarisme, et des controverses à son propos, montre que si le relativisme peut le justifier au nom du respect des minorités et du refus d’imposer une culture qui n’est qu’une parmi d’autres, il peut aussi justifier un nationalisme qui refuse toute différenciation à l’intérieur du pays et insiste sur l’impossibilité de contacts ou même de compréhension entre cultures différentes, voire de passer d’un groupe à un autre. Mais on peut aussi arguer d’un « droit à la différence » considéré comme ayant une valeur universelle. L’universalisme des Lumières a été un des fondements de la démocratie, mais a aussi servi de justification au colonialisme, alors que le relativisme a incité au respect de toutes les cultures en même temps qu’il justifiait le nationalisme.

Malgré leurs points communs, il y a des universalismes et des relativismes."

 

L'idée à terme serait de tester les croyances (morales) des liborgiens pour essayer d'en tirer des conclusions sur la nécessité d'un libéralisme 'thick" la relation entre ces croyances philosophiques ou intellectuelles et leur orientation politique.

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Moi je suis universaliste, mais après ça dépend relativement à quoi :jesaispo:

  • Haha 6

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Tiens, une chose me surprend. Question à ceux considérant que les sociétés ou cultures ne se valent pas mais estimant qu'il n'y a pas de vérité universelle concernant la morale, comment justifiez-vous cette inégalité entre sociétés ?

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il y a 22 minutes, Ultimex a dit :

comment justifiez-vous cette inégalité entre sociétés ?

Et toi ? B)

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il y a 1 minute, Bisounours a dit :

Et toi ? B)

 

Suffit de voir ce que j'ai coché et tu auras la réponse (on peut trouver une vérité universelle dans les sciences mais également dans le domaine moral (qui permet par suite d'orienter nos choix politiques)). ;)

 

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il y a 5 minutes, Ultimex a dit :

Suffit de voir ce que j'ai coché et tu auras la réponse

Be j'ai bien regardé justement. Mais personne n'a coché la première réponse.

 

Ah merde, pardon, j'avions pas bien vu pour les deux autres, mes excuses plates. Tu poses donc la question à @F. mas et @Solomos

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Je ne réponds pas au sondage qui est mal posé.

 

Je ferais une réponse plus constructive et construite quand j'aurai le temps. Pour simplifier je dirai que la question est plutôt : existe t il un monde en dehors de moi (ie je peux me prendre des coups pieds au cul par la réalité). 

 

Je rajoute que classer les sciences sociales comme sciences est une proposition couillue..

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1 hour ago, Ultimex said:

Tiens, une chose me surprend. Question à ceux considérant que les sociétés ou cultures ne se valent pas mais estimant qu'il n'y a pas de vérité universelle concernant la morale, comment justifiez-vous cette inégalité entre sociétés ?

 

Par ex, on peut considérer qu'une société est plus efficace qu'une autre sans être moralement supérieure.

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à l’instant, Fagotto a dit :

 

Par ex, on peut considérer qu'une société est plus efficace qu'une autre sans être moralement supérieure.

 

Une société ou une culture efficace ? C'est-à-dire ?

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Il y a 4 heures, Johnathan R. Razorback a dit :

L'idée à terme serait de tester les croyances (morales) des liborgiens pour essayer d'en tirer des conclusions sur la nécessité d'un libéralisme 'thick" la relation entre ces croyances philosophiques ou intellectuelles et leur orientation politique.

Le seul fait que les libéraux soutiennent l'existence du droit naturel démontre bien qu'ils adhèrent à une sorte de morale universelle : concrètement, le droit naturel va servir de critère d'évaluation pour juger la "bonté" ou non d'une norme législative. Tel ordre juridique ne le respectant pas sera considéré comme mauvais pour l'Homme, et donc rejeté. On peut très bien d'un côté soutenir l'idée d'une vérité universelle dans le domaine moral, et de l'autre reconnaître que les critères des uns et des autres sont empreints de subjectivité, et que la morale relève malgré tout d'une appréciation profondément personnelle - même s'il existe bien une vérité en dehors du jugement d'untel.

 

Ensuite, la seconde question n'a aucun sens parce qu'imprécise. "Supériorité", en termes de quoi ? Technologie ? Développement économique ? Sciences ? Gastronomie ? Littérature ? Il va falloir préciser.

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il y a 11 minutes, poincaré a dit :

1): les libéraux soutiennent l'existence du droit naturel

 

2): Ensuite, la seconde question n'a aucun sens parce qu'imprécise. "Supériorité", en termes de quoi ? Technologie ? Développement économique ? Sciences ? Gastronomie ? Littérature ? Il va falloir préciser.

 

1): Une minorité de libéraux (mais avec des penseurs non négligeables, comme Mises) ne sont pas jusnaturalistes. Il n'est pas clair que Tocqueville le soit ou non.

 

2): La question est très générale, mais elle n'est pas imprécise. Il s'agit de comparer deux sociétés dans leur ensemble, c'est-à-dire en calculant une moyenne à partir de tous les domaines particuliers qui sont susceptibles d'être comparés. Un énoncé tel que: "La France contemporaine est une société meilleure que l'URSS, même s'il y a du chômage dans la première et pas dans la seconde" a un sens clair.

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28 minutes ago, Ultimex said:

 

Une société ou une culture efficace ? C'est-à-dire ?

 

Mélangeons les 2 pour simplifier, tu peux considérer que la culture occidentale est plus efficace que la culture pygmée sur tel ou tel critère utilitariste, sans penser que cela soit du à une supériorité morale.

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33 minutes ago, Ultimex said:

 

Une société ou une culture efficace ? C'est-à-dire ?

Le seul critère qui compte : la survie. 

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il y a 9 minutes, Kassad a dit :

Le seul critère qui compte : la survie. 

Dobzhansky disait que rien n'a de sens en biologie, sauf à la lumière de l'évolution. On peut peut-être prolonger en disant que rien n'a de sens (intrinsèque) dans l'Histoire des temps longs, si ce n'est à la lumière de la survie des civilisations.

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3 hours ago, Ultimex said:

Tiens, une chose me surprend. Question à ceux considérant que les sociétés ou cultures ne se valent pas mais estimant qu'il n'y a pas de vérité universelle concernant la morale, comment justifiez-vous cette inégalité entre sociétés ?

 

J'ai un critère qui me permet de prononcer des jugements moraux.

Mais je ne peux pas affirmer qu'il est vrai.

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il y a 26 minutes, Rincevent a dit :

Dobzhansky disait que rien n'a de sens en biologie, sauf à la lumière de l'évolution. On peut peut-être prolonger en disant que rien n'a de sens (intrinsèque) dans l'Histoire des temps longs, si ce n'est à la lumière de la survie des civilisations.

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Mais ça touche un problème passionnant : celui de l'évolution culturelle. Peut-on dire : "si l'URSS avait duré 150 000 ans, cela veut-il dire que ç'aurait été un bon régime ?" Toutes les critiques de Hayek et de l'évolution culturelle se ramènent peu ou prou à ça (en particulier du côté praxéologiste, avec des choses variées à la place de "URSS" (qu'on peut remplacer par n'importe quelle tradition/coutume pas cool en prenant un air goguenard)). Si on accepte l'idée de concurrence des civilisations, je dirais qu'on peut tranquillement suspendre son jugement sur la supériorité de telle civilisation sur une autre. Cela vaut vraiment la peine de lire Hayek attentivement sur le sujet : Hayek explique que l'évolution culturelle sélectionne les règles comportementales les plus "bénéfiques", càd : qui respectent le critère d'utilité (chance pour un individu random d'accomplir son plan individuel, critère minimisé par les régimes socialistes, cf. la Route) et qui maximisent le nombre d'hommes qu'elle peut faire vivre. JP Dupuy, dans son article à ce sujet dans l'Histoire du libéralisme en Europe de Nemo & Petitot (l'article en question s'intitule "Friedrich Hayek ou la morale de l'économie, p. 1151 sq.) critique la thèse de Hayek d'un point de vue qui me paraît peu pertinent mais intéressant pour notre thread : si ce que Hayek nous chante est vrai, l'émergence des institutions résulte d'un processus d'imitation à large échelle (que Dupuy a tort de lire avec des lunettes keynésiennes) qui ressemble à un évolutionnisme dans lequel les caractères acquis sont héréditaires. Dupuy pense ici trouver un point faible dans Hayek : si tout repose sur l'imitation, rien ne nous dit qu'on va vers un mieux (on va peut-être vers un pire) : "si la chance favorise une certaine technique au départ, celle-ci bénéficie d'un "avantage sélectif" qu'elle va entretenir et amplifier à mesure que les usagers affluent" (p. 1180) ce qui ne veut pas dire que c'est la meilleure : on en a peut-être laissé passer une. Question : l'évolution culturelle est-elle optimisatrice ?

 

Empiriquement, et Hayek le souligne, les seules religions qui ont survécu sont celles qui soutiennent la propriété et la famille. Si le critère est la survie comme le dit @Rincevent, alors l'évolution culturelle a une parenté avec l'évolution biologique, une parenté formelle qui est celle des processus auto-organisateurs : l'adaptation est la marque d'une meilleure appréhension de l'environnement et elle est un processus cognitif essentiel, car toute adaptation correspond à un supplément de connaissance, qui augmente donc spontanément le capital ou le package de la civilisation. Il y a rétroaction positive entre l'augmentation de capital et l'augmentation de savoir (je reprends une formulation que je trouve excellente de Konrad Lorenz dans L'Homme dans le fleuve du vivant). Je pense donc qu'un type comme Monod formule très bien le problème en parlant de processus téléonomique (une sorte de jeu où rien n'est fixe sauf les règles donne l'impression d'être designed alors que non, d'où l'intérêt des jeux évolutionnistes).

 

Il ne faut pas confondre degré d'adaptation d'un organisme/d'une civilisation avec son degré d'évolution. On peut être tout à fait adapté sans être très évolué. Je me risquerais, au risque de me faire taper sur les doigts, à faire une analogie entre le challenge de l'adaptation au milieu et la conception de Toynbee des civilisation, par challenges/responses. Les fossiles vivants n'ont pas de challenge, donc ils n'ont pas de response à fournir et leur "capital" cognitif n'évolue pas, ni, en gros, leur morphologie. Cela nous évite de hiérarchiser les civilisations, ce qui poserait trop de problèmes (comparer des époques différentes, une masse considérable de critères etc.).

 

D'un point de vue hayékien, pour clore l'affaire, je ne pense pas que l'évolution culturelle soit optimisatrice. De même que la concurrence n'est pas optimisatrice : elle est génératrice de découvertes et d'enrichissement du "capital" cognitif ("competition as a discovery procedure"). On ne peut donc pas dire si la compétition ou la concurrence est bénéfique ou optimisatrice car seule la concurrence nous l'apprendra. Idem pour l'évolution culturelle. Bon je laisse la plume à ce cher Friedrich parce que j'aurais pas fait mieux :

Citation

The only reason we use competition at all has as its necessary consequence the fact that the validity of the theory of competition can never be empirically verified for those cases in which it is of interest. It is of course possible to verify the theory on preconceived theoretical models; and in principle we could also conceivably verify the theory in artificially created situations in which all the facts that competition is to discover are known to the observer in advance. In such a situation, however, the outcome of the experiment would be of little interest, and it would probably not be worth the cost of conducting it. When, however, we do not know in advance the facts we wish to discover with the help of competition, we are also unable to determine how effectively competition leads to the discovery of all the relevant circumstances that could have been discovered. All that can be empirically verified is that societies making use of competition for this purpose realize this outcome to a greater extent than do others—a question which, it seems to me, the history of civilization answers emphatically in the affirmative. (FA Hayek, Competition as a discovery procedure)

 

Et le Wikibéral rejoint cette perspective en distinguant l'optimalité de l'efficacité (déterminée en adéquation avec les critères de population et d'utilité présidant à la concurrence des règles comportementales) :

Citation

Cependant, l'évolution ne peut pas conduire à une performance optimale, car la capacité de survie comprend également la possibilité de créer des variations plus ou moins aléatoires qui sont expérimentées dans le contexte des acteurs. Ainsi, la variabilité fait partie de la stratégie d'évolution des institutions "survivantes". L'évolution est un processus continu de sélection qui favorise les personnes et les structures sociales qui maintiennent la possibilité d'expérimenter et d'apprendre de nouvelles choses . Le critère de sélection et d'efficacité sont donc deux concepts distincts. L'efficacité des institutions ne se réfère pas à un calcul d'optimisation mais se conçoit comme un processus intégrant la flexibilité, l'adaptabilité et la capacité à expérimenter. L'efficacité des institutions est davantage une capacité à produire de nouvelles variantes et de s'auto-corriger par l'apprentissage plutôt qu'une observation objective et finale d'un résultat optimal. (https://www.wikiberal.org/wiki/Évolutionnisme#L.27.C3.A9volutionnisme_comme_survie_des_institutions_efficaces)

Ce maintien de la possibilité d'expérimenter et d'accroître ce que Lorenz appelle le capital cognitif correspond au maintien de la compétition, càd la règle même de l'évolution. En ce sens, le socialisme est une régression civilisationnelle.

 

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Il y a 1 heure, Rincevent a dit :

Dobzhansky disait que rien n'a de sens en biologie, sauf à la lumière de l'évolution. On peut peut-être prolonger en disant que rien n'a de sens (intrinsèque) dans l'Histoire des temps longs, si ce n'est à la lumière de la survie des civilisations.

 

Mieux vaut être un innocent mort qu'un sale criminel vivant. La vie n'est pas une valeur absolue.

 

Il est cohérent d'appliquer le même raisonnement à l'échelle collective. Une société libre peu durable peut tout à fait être jugée meilleure à une société oppressive plus durable. La survie ne peut pas être érigée en criterium d'appréciation unique (ni même sans doute principal).

 

Sinon je me demande comment @Fagotto peut défendre son relativisme intégral. Niera-t-il que 2+2 égal 4 ?

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il y a 14 minutes, Vilfredo Pareto a dit :

Peut-on dire : "si l'URSS avait duré 150 000 ans, cela veut-il dire que ç'aurait été un bon régime ?"

 

Non. Et déjà il faudrait commencer par expliquer pourquoi la survie serait le critère unique ou prédominant pour évaluer moralement quoi que ce soit. Quand on juge de la valeur d'un individu, "personne" ne considère que les meilleurs sont ceux qui vivent le plus longtemps. Pourquoi diable appliquer le même critérium à l'échelle collective ?

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il y a 1 minute, Johnathan R. Razorback a dit :

Quand on juge de la valeur d'un individu, "personne" ne considère que les meilleurs sont ceux qui vivent le plus longtemps. Pourquoi diable appliquer le même critérium à l'échelle collective ?

 

il y a 19 minutes, Vilfredo Pareto a dit :

Si on accepte l'idée de concurrence des civilisations, je dirais qu'on peut tranquillement suspendre son jugement sur la supériorité de telle civilisation sur une autre.

Oui en effet c'est pour ça que comparer des civilisations, ça ne fonctionne pas. C'est pour ça que je parle d'adaptation dans mon post. On peut juger un individu car il appartient à une civilisation, mais quelle instance va nous permettre de comparer les civilisations (puisqu'il ne s'agit même pas seulement de juger)? La valeur d'un individu dépend aussi d'une question d'adaptation : en théorie des jeux, dans une population dominée par la stratégie "defect" (dilemme du prisonnier), toute autre stratégie est suboptimale. Donc libre à toi de te faire arnaquer en coopérant alors que tout le monde trahit, mais ton comportement disparaîtra soon enough : comment valoriser un comportement qui va à rebours de l'autoconservation (qui, après tout, est une loi naturelle) ? Mais c'est seulement parce que cette stratégie ("defect") a émergé d'abord et a éliminé par sélection naturelle les "tit for tat". Si la stratégie coopérative "tit for tat" avait émergé avant, elle serait dominante. Et ces stratégies déterminent jusqu'à un certain point le comportement des individus. Tu seras plus ou moins coopératif selon que tu vis dans une population à dominante plus ou moins coopérative. Après je ne dis pas que ce modèle darwinien pour aller vite est le mètre-étalon du jugement de valeur (ce serait absurde) mais puisqu'on parle de juger des civilisations, ça devient intéressant de poser le problème en ces termes me semble-t-il. Si quelqu'un est un mordu d'Axelrod, il est le bienvenu ^^

Donc si je pense qu'on peut juger des civilisations (selon des principes moraux, selon le DN, selon l'efficacité de leur développement etc.) je pense pas qu'on puisse les comparer.

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il y a une heure, Vilfredo Pareto a dit :

l'évolution culturelle a une parenté avec l'évolution biologique, une parenté formelle qui est celle des processus auto-organisateurs

Ça me semble évident. D'autant que le paradigme évolutionniste est extraordinairement parcimonieux.

 

il y a une heure, Johnathan R. Razorback a dit :

Mieux vaut être un innocent mort qu'un sale criminel vivant. La vie n'est pas une valeur absolue.

Let's agree to disagree. :)

 

il y a 56 minutes, Johnathan R. Razorback a dit :

Quand on juge de la valeur d'un individu, "personne" ne considère que les meilleurs sont ceux qui vivent le plus longtemps. Pourquoi diable appliquer le même critérium à l'échelle collective ?

Justement, je n'applique pas le même critère aux échelles individuelle et collective. :lol: 

 

A la réflexion, davantage que la durée brute d'une civilisation, le critère pourrait plutôt être la capacité de résister aux challenges ; la durée n'en est qu'une conséquence (on ne peut pas comparer abruptement la durée d'une civilisation qui a duré des dizaines de millénaires isolée de tout et dans un environnement statique, avec une autre qui a duré quelques siècles à un endroit très mouvementé. On pourrait aussi ajouter des considérations supplémentaires : une civilisation serait d'autant meilleure qu'elle contribue positivement à l'histoire de l'humanité, qu'elle permet à ses membres de prospérer, de chercher le bonheur, et à l'esprit humain de donner de beaux fruits, bref, de participer à l'oeuvre du human flourishing. Et la longévité d'une civilisation lui permet de fournir d'autant plus de ces contributions.

 

Note bien que, d'une manière étonnante, ce dernier ajustement nous rapproche en partie de critères selon lesquels juger une vie humaine (l'épanouissement de l'être humain "qua homo", tel qu'entendu par Aristote, tout ça). ;)

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il y a 10 minutes, Rincevent a dit :

le critère pourrait plutôt être la capacité de résister aux challenges

+1. Par contre je ne te suis pas sur le human flourishing. Disons que ça me paraît un peu vague (les Chinois sont supérieurs aux Abbassides parce que ce sont eux qui ont découvert le papier les premiers ? A l'évidence la découverte du papier participe à fond au human flourishing !). L'avantage de reprendre un peu Toynbee est que, comme tu le dis, ça ne mène pas à la république des civilisations (au sens où Lorenz parle d'une république des instincts) où nous jugerions et attribuerions les bons et les mauvais points : les challenges sont aussi spécifiques à chaque civilisation, il n'y a pas de challenges qui seraient des big boss et que les civilisations affrontent en rang d'oignon et on voit qui finit KO. La famine en Judée au Ier siècle et la façon dont les Juifs y résistèrent plus ou moins bien (en se révoltant contre les Romains et les Grecs) n'a rien à voir avec une famine à une autre époque, dans une autre civilisation.

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Il y a 9 heures, Kassad a dit :

Le seul critère qui compte : la survie. 

 

C'est encore plus simple que cela. La vie. Bio-logie, science de la vie.

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Pour juger ces questions, il me semble primordial de savoir avant tout ce pour quoi une civilisation existe, son but, et pour un individu également. 

Dès lors que l'on s'aperçoit que ces questions là sont insondables selon les critères habituels de la raison, le plus sage semble de suspendre son jugement.

Ce qui n'empêche évidemment pas d'avoir une morale solide basée sur des fondements transcendants mais dont le but n'est pas d'établir un classement des hommes et des civilisations mais simplement de juger les actes bons et les actes mauvais dans un cadre très précis. 

JRR est une sorte de taxidermiste de la philosophie, j'en ai une vision plus naturelle, celle d'un arbre vivant aux branches multiples, et ces classements me semblent dérisoires.

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Il y a 5 heures, Vilfredo Pareto a dit :

La famine en Judée au Ier siècle et la façon dont les Juifs y résistèrent plus ou moins bien (en se révoltant contre les Romains et les Grecs) n'a rien à voir avec une famine à une autre époque, dans une autre civilisation.

Soyons sérieux un moment. Livrer aux romains le seul type qui multipliait les pains et les poissons n'était pas le bon moyen de résoudre le problème de la famine en Judée.

  • Haha 3

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Il y a 13 heures, Ultimex a dit :

Tiens, une chose me surprend. Question à ceux considérant que les sociétés ou cultures ne se valent pas mais estimant qu'il n'y a pas de vérité universelle concernant la morale, comment justifiez-vous cette inégalité entre sociétés ?

 

J’hésite un peu à me lancer dans ce débat parce que je trouve le problème posé de manière trop spécifique, mais en un sens plus relâché je crois rejoindre à peu près ce genre de position « surprenante ». Je ferai donc les remarques suivantes :

 

- le type de jugement dont relève nos préférences morales pourrait n’avoir accès qu’à des modes de justification si faibles, que l’on ne pourrait faire mieux qu’assumer nos préférences parce qu’elles sont nôtres, et que cette propriété, le rapport à nos propres sentiments moraux, assure le meilleur degré possible de certitude morale. Éventuellement, modulo une expérience suffisante de la « la vie ». Dans tous les cas, on ne pourrait pas parler là de jugement objectif ou universalisable, et pourtant on pourrait être commis à les suivre quand même faute de mieux.

- il est aussi possible que ce que l’on appelle jugements moraux confonde en fait des sortes jugements qui feraient mieux d'être distingués. Typiquement, des interdits ou normes négatives, qui seraient plus certains et plus universels que des goûts ou des modes de vie particuliers, et tels qu’un changement dans leur observance serait plus significatif qu’un changement dans les modes. Il devrait par exemple être possible de se convaincre du caractère décadent d’une culture qui se mettrait à violer systématiquement des interdits qu’elle a respecté par le passé.

 

Alors je sais que ces remarques ne nous font pas faire de grands progrès sur le plan conceptuel, mais elles me semblent assez prudentes. :)

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9 hours ago, Johnathan R. Razorback said:

Sinon je me demande comment @Fagotto peut défendre son relativisme intégral

 

A question stupide, réponse...

 

9 hours ago, Johnathan R. Razorback said:

Niera-t-il que 2+2 égal 4 ?

 

Tant qu'on ne m'a pas prouvé la cohérence des mathématiques, je préfère e neffet rester prudent et prendre une marge de sécurité. Je dirais 2+2 se situe entre 3.9 et 4.1 dans 97.5% des cas, ça couvre bien les situations usuelles.

 

9 hours ago, Johnathan R. Razorback said:

Mieux vaut être un innocent mort qu'un sale criminel vivant.

 

Allons bon, qu'est ce que c'est que ça encore, ça n'a aucun sens, du point de vue de qui?

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il y a 4 minutes, Fagotto a dit :

Je dirais 2+2 se situe entre 3.9 et 4.1 dans 97.5% des cas, ça couvre bien les situations usuelles

 

/NNTaleb Et les fat tails, hein ? Tu oublies le cygne noir ! What if 2+2 fait une fois e^(10^π) ?

  • Haha 3

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Il y a 12 heures, Fagotto a dit :

Par ex, on peut considérer qu'une société est plus efficace qu'une autre sans être moralement supérieure.

Il est relativement admis que l'aisance matérielle d'une société (ie généralisée) conduit à une moralité améliorée.

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Il y a 10 heures, Vilfredo Pareto a dit :

D'un point de vue hayékien, pour clore l'affaire, je ne pense pas que l'évolution culturelle soit optimisatrice. De même que la concurrence n'est pas optimisatrice : elle est génératrice de découvertes et d'enrichissement du "capital" cognitif ("competition as a discovery procedure").

Que signifie le mot optimisatrice ici ?

(Parce que, tel que moi je le comprends, tout ton post appuie la thèse que l'évolution est optimisatrice).

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